En décembre 2025 s’est achevée la deuxième phase du projet « Renforcement des Institutions nationales des droits de l’Homme et de leurs partenaires OSC », mis en œuvre depuis 2023 par l’AFCNDH, après une première phase de 2021 à 2023. Cofinancé par l’Agence française de développement (AFD) et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le projet a accompagné les INDH du Bénin, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire et de la République démocratique du Congo afin de renforcer leur conformité aux Principes de Paris, de consolider leur coopération avec la société civile et d’accroître la capacité d’action du réseau francophone.
L’évaluation finale permet aujourd’hui d’apprécier les résultats obtenus, les dynamiques créées et les perspectives ouvertes pour la promotion et la protection des droits humains dans ces quatre pays.
Un projet qui répond directement aux besoins identifiés

Le projet a cherché à répondre au besoin réel et identifié de consolidation institutionnelle des INDH et de structuration de la coopération INDH–OSC. L’évaluation externe a confirmé que “la phase 2 du projet est unanimement reconnue comme pertinente par les INDH, les OSC, les partenaires techniques et les experts”.
L’articulation en trois volets du projet a apporté une réponse opérationnelle aux lacunes existantes :
- Renforcement des INDH : formations, soutien technique…
- Coordination INDH-OSC : Mise en place de cadres de concertation, développement d’outils communs…
- Consolidation du réseau francophone des INDH pour renforcer la voix francophone dans les espaces internationaux des droits humains
Cette pertinence stratégique s’explique notamment par la méthode de co-construction et de flexibilité adoptée par l’AFCNDH : Les INDH et OSC ont participé à la conception, à la planification et au suivi des activités, et chaque activité a été contextualisée selon le pays.
Des progrès significatifs
Le projet a produit des résultats concrets dans les quatre pays :
- Au Bénin, à la suite d’un plaidoyer conjoint de la CBDH et l’AFCNDH, le Mécanisme national de prévention de la torture (MNP) a été intégré à celui de la CBDH.
- Au Cameroun, grâce à l’accompagnement technique intensif de l’AFCNDH, la CDHC a été accréditée au Statut A selon les Principes de Paris.
- Le mandat de la CNDH de la RDC a été renforcé et 60 membres ont été formés sur la mise en œuvre des principes de Paris.
- En Côte d’Ivoire, les cadres de concertation et de dialogue multi-acteurs ont été consolidés entre INDH, OSC et institutions publiques, notamment lors des élections.
Une efficience démontrée dans un environnement contraint

L’évaluation a mis en lumière le rapport coût/résultats exemplaire du projet. Elle identifie notamment trois leviers de performance du projet :
- Mutualisation régionale des activités ;
- Renforcement par les pairs et recours aux expertises internes ;
- Investissement dans le réseau AFCNDH et des outils partagés.
L’efficience ingénieuse du projet tient également aux contraintes du projet, notamment un secrétariat sous-dimensionné qui doit s’adapter aux ressources limitées.
Conclusion : De nombreuses opportunités

D’après le consultant évaluateur, “dans un contexte où l’espace civique se resserre et où les violations des droits humains se multiplient en Afrique francophone, le projet de renforcement des INDH et des OSC s’impose comme l’un des rares dispositifs capables de consolider des contre-pouvoirs institutionnels et citoyens.”
Il rajoute “Au-delà des ateliers et des formations, le projet a induit une transformation plus structurelle en favorisant l’émergence d’une coopération inédite entre les INDH et les OSC, deux acteurs longtemps perçus comme antagonistes.”
En conclusion, le projet a engendré des résultats encourageants, qui appellent à être pérennisés à l’occasion de futures activités de l’AFCNDH.